L’ONG Parikrma… pour permettre aux enfants des bidonvilles de bénéficier d’une éducation
de qualité
Encore un chiffre énorme, toujours trop élevé : à Bangalore, la Silicon Valley indienne, sur 8 millions d’habitants, 1.5 millions vivent dans les 800 bidonvilles que compte la ville. Une famille compte en moyenne 6 membres et survit avec 15 dollars par jour.
La plupart d’entre elles viennent des campagnes, ne trouvent pas de travail en ville et leurs enfants se retrouvent dans ce cercle vicieux de la pauvreté. Le but de cette super ONG est de les en sortir, et après un passage dans une de leurs 4 écoles, je peux dire qu’ils y réussissent plutôt bien ! Il faudrait des centaines d’écoles comme la leur, rien qu’à Bangalore…
Tout cela est possible grâce aux nombreux sponsors. Les enfants, dès la maternelle, à 5 ans, doivent laisser leur langue maternelle, le
kannada, derrière eux et ne parler désormais que l’anglais… C’est comme cela dans beaucoup d’écoles en Inde (appelées english medium schools). Ils progressent donc vite dans cette langue que leur parents ne connaissent pas mais qui leur permettra d’atteindre un certain niveau d’éducation.
Les enfants ici ont des rêves, des projets : ils rentrent chez eux en s’exclamant parfois : moi plus tard je veux travailler dans une compagnie d’informatique, moi je serai astronome, et moi businessman ! Devant leurs parents qui réalisent, soudain, que grâce à cette école, leurs enfants vont pouvoir échapper à cette vie de misère, ou plutôt cette survie de misère.

Les parents n’ont rien à payer : on donne aux enfants l’uniforme de l’école (avec chaussures !), les fournitures scolaires, et même le petit-déjeuner et le lunch. Il y a aussi des réunions avec les parents, car ils font partie intégrante du projet.
En réalité, il y a bien plus que 800 bidonvilles à Bangalore : ceux-ci sont ceux reconnus par les autorités municipales, qui font en sorte que l’accès à l’eau potable et à l’électricité soit assuré. Ce qui n’est pas le cas dans les bidonvilles non reconnus par les autorités. C’est particulièrement pour ces derniers que l’ONG Parikrma travaille (28 bidonvilles « non reconnus » + 6 orphelinats).
Encore ici, comme dans les centres Don Bosco, la porte est grande ouverte et n’importe quel volontaire est le bienvenu pour donner un coup de main. Le personnel est composé d’enseignants, payés directement par l’ONG, et les cours dispensés sont de qualité. Ils ont aussi une salle informatique (comme dans toutes les écoles indiennes, ils sont bien équipés pour cela !), une bibliothèque bien remplie et variée,…
Après avoir passé la matinée dans ce bel exemple d’école, je rentre avec Monica (indienne/américaine qui m’a emmenée ici où elle passe un jour par semaine), son chauffeur privé et sa voiture aux vitres teintées… gros contraste… mais en Inde, on passe sans cesse d’un monde à un autre, et bien souvent d’un extrême à l’autre. On pourrait d’ailleurs définir l’Inde comme ça : un pays d’extrêmes !
L’ONG Parikrma veut aller plus loin : elle veut étendre ce modèle à plus d’enfants. Et a eu l’idée excellente de travailler en lien avec les écoles gouvernementales. C’est attaquer le problème à sa source ! Car le vrai problème, ce sont ces écoles gouvernementales, quasi gratuites mais médiocres au niveau enseignement, suivi des élèves, assiduité des profs, propreté qui laisse à désirer,…. Et comme il existe des écoles privées, personne ne se plaint de cet état de fait : les gens qui ont de l’argent inscrivent leurs enfants dans les écoles privées, et s’en portent bien. Si les écoles privées n’existaient pas, le gouvernement serait obligé de faire quelque chose, mais ce n’est pas le cas. Résultat : bon enseignement pour les enfants favorisés, mauvais enseignement pour les défavorisés… la roue continue de tourner. Le jour où le gouvernement se penchera sur le problème sérieux de ces écoles gouvernementales, l’éducation en Inde sera bien meilleure ! Et c’est ce que cette ONG projette, à l’échelle d’une ville, ce qui est déjà pas mal !
Jeux et puzzles pour les enfants de Don Bosco
Dimanche dernier, j’ai passé l’après-midi à Bosco Mane, et ce petit mot pour dire encore un grand merci aux écoles, instits, élèves qui ont permis de transmettre tous ces puzzles et jeux aux enfants… qui en raffolent ! La plupart ont été donnés pour les enfants des rues à Chennai, mais j’en avais gardé quelques uns… qui ont fait des heureux ici aussi, la preuve :

La cible avec les balles scratch a fait fureur aussi ! Nous avons fait un concours, et le gagnant fut Chinnu, qui pourtant est presqu’aveugle… Son succès a fait plaisir à tout le monde ! Les jeux permettent souvent à ces enfants de quitter leurs idées sombres, autrement que par la télé. Et ce sont aussi de bonnes occasions pour les valoriser, ce dont ils ont bien besoin.
Prochaines nouvelles la semaine prochaine, après quelques jours à la montagne où nous rejoignons, avec Eloi et Jean, deux volontaires MEP arrivées récemment. Direction Koonoor, pour fêter Pâques loin de la chaleur de Bangalore ! La saison chaude est arrivée… et je comprends que les indiens attendent la mousson avec impatience !!!!
Bonne fete de Paques a tous !!!