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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 09:16

( jeudi 24 octobre)

Kanchipuram

             Apres une semaine a Chennai, au revoir aux enfants et direction Kanchipuram a quelques heures en bus. Denis m'accompagne pour ces petites vacances, apres 2 mois chez Don Bosco, ca va lui faire du bien ! Nous pensions rester 4 heures a Kanchipuram, juste le temps de voir les temples, mais nous y sommes finalement restes 2 jours !


R.I.D.E.

              Kanchipuram est une ville celebre pour le tissage de la  soie, mais ce dont on parle moins est que beaucoup d'enfants sont embauches pour la partie minutieuse de ce travail qui necessite de petites mains habiles... C'est pour lutter contre ce travail inegal des enfants que l'ONG R.I.D.E. a vu le jour en 1984. Dans les annees 70 on comptait encore 40 000 enfants embauches pour ce penible travail. Ils rapportaient ainsi a leurs famille un faible salaire supplementaire.


                  Depuis l'intervention de R.I.D.E., de nombreuses familles sont sorties de ce cercle vicieux (elles avaient des dettes, leurs enfants travaillaient pour alleger ces dettes, et au final les familles etaient prises dans un engrenage dont elles ne pouvaient plus sortir..). En l'an 2000 a Kanchipuram, on ne comptait "plus que" 4 000 enfants travaillant dans ces usines de tissage. R.I.D.E. a cree plusieurs ecoles, dont des Bridge Schools ("ecoles pont") qui permettent aux eleves de rattrapper leur retard scolaire en une annee pour ensuite integrer une classe adaptee a leur age. R.I.D.E. accompagne aussi les familles pour les convaincre de sortir les enfants de ce travail penible, mais il reste tout de meme 4 000 enfants qui travaillent a l'usine. C'est sur la bonne pente...

 


             R.I.D.E. a plusieurs autres programmes, notamment la formation de groupes de femmes dans les villages alentours. Les femmes ont ainsi l'occasion de monter leur propre petite affaire grace a un genre de microcredit. Lorsqu'un groupe de femmes est forme et que chacun de leur projet est realise et fonctionne bien, il devient independant, et R.I.D.E. n'a plus besoin d'intervenir. Aider les personnes en difficulte a devenir autonome et a se rendre compte de leur propre potentiel, c'est le but de toute ONG ou de toute association humanitaire. Les projets des femmes sont tres varies, et tounent souvent ici autour de la soie. Ce ne sont donc plus les enfants qui travaillent la soie, mais des femmes pleines de talent qui ont ainsi retrouve leur dignite !

Pour plus d'info sur cette ONG, voir leur site en lien (ONG : R.I.D.E.)




Mahabalipuram (= Mamalipuram)



            Nous voila maintenant au bord de la mer, ou plus precisement, du Golfe du Bengale. Le tsunami de 2004 est passe par ici, mais aujourd'hui tout est bien reconstruit. Seules les photos de l'avant-tsunami et de ses victimes nous rappellent tristement ce qui s'est passe ici.


                 Je reviens tout juste d'une ballade en barque avec des pecheurs. Au large, l'un d'entre eux me montre du doigt quelque chose de brun et long a la surface de l'eau, je me demande bien ce que ca peut etre, ca a la forme d'un crocodile... nous nous approchons, et ils m'expliquent a ma grande surprise qu'il s'agit du haut de temples enfouis sous la mer. Ne voir que les toits depasser en se disant qu'il y a encore des merveilles cachees sous l'eau est assez surprenant ! En fait ici il y a enormement de temples et de sculpture de pierre.

















            Nous avons rencontre avec grand plaisir d'autres francais et touristes d'autres nationalites, ca fait du bien de parler francais avec d'autres, et de parler anglais avec d'autres personnes que les indiens que j'ai toujours autant de mal a comprendre.



   Le Yogi, resto tibetain bien apprecie le soir de mes 24 ans... au menu : pasta, banana pancakes, brochette d'ananas caramelises, lassi, tout ce qu'il y a de meilleur ! Ils ont meme du nutella ! et servent des momos ! Un vrai festin - pas tres indien j'avoue - au ptit-dej comme au diner.
     Ce fut une journee Yogi Yoga... entrecoupee d'une belle ballade a velo.







            Nous retrouvons aussi l'air frais (enfin, plus frais qu'a Chennai), ici ca depasse moins souvent les 30 degres, quoique...  mais meme quand il fait tres chaud, on a un peu de vent qui vient de la mer, c'est agreable. En gros, nous nous refaisons une sante en sirotant des lassis accompagnes de bananas pancakes au bord de la mer. Nombreux restos, ballade a velo dans la campagne environnante, visite des temples sculptes dans la roche, ballades sur la plage, internet, yoga, massage ayurvedique (je reparlerai plus tard de la medecine ayurvedique), ballades sur la plage, de bonnes petites vacances avant de commencer le boulot dans quelques jours ! Hier j'ai donc eu un cours de yoga, ca aurait ete dommage de ne pas en faire, vu a quel point c'est populaire ici... finalement, c'est un peu comme du stretching avec beaucoup de concentration sur la respiration.


L'orphelinat


            Hier, alors qu'on se balladait a velo avec Camille et Vlado, une francaise et un allemand, le pneu de Vlado creve, on s'arrete dans un boui-boui pour le reparer, et par hasard, on voit qu'on est justement devant un orphelinat. Le gars de l'orphelinat, nous voyant, s'empresse de nous inviter a venir discuter a l'interieur, car il ne voit pas souvent de Blancs passer (on est a l'exterieur de la ville). Nous le suivons, il nous explique comment il en est venu a creer cet orphelinat. Daniel est en fait un pasteur protestant et il nous raconte qu'un jour il a eu une apparition ou il lui etait demande de se tourner vers les enfants orphelins et de s'occuper d'eux, ce qu'il a fait avec sa femme Rachel. Leur centre accueille maintenant 18 enfants.
               Chaque enfant a un dossier avec photo et explication de sa situation (mere brulee par le pere qui est ensuite parti, parents decedes,...). Ces enfants suivent leur scolarite a l'ecole publique non loin de la. Quand on pose des questions plus precises pour savoir comment ce centre fonctionne, il reste laconique en nous disant que l'argent lui tombe du ciel quand il en a besoin. Juste a cote de la maison principale, un batiment est en construction grace au financement d'un sponsor espagnol. Si l'histoire de Daniel est vraie, c'est vraiment super, les enfants ont l'air en bonne sante et leur boulot est vraiment remarquable et admirable, car ils ne sont partis de rien, et ils vivent en partageant leurs biens avec les enfants. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour eux. Mais c'est toujours difficile de savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Et quand c'est vrai, dans quelle mesure ca l'est. Et quand c'est faux, qu'est-ce que ca cache...



Fin de la ballade

           Perdue dans ces pensees en pedalant vers Mamalapuram, je m'arrete pour voir si le temple sur le bord de la route est ouvert, mais j'en oublie vite le temple en voyant un homme mort allonge dans un rickshaw. D'autres hommes le sortent sur la route, essaient de le remuer, j'espere de toutes mes forces qu'il va bouger, mais il ne bouge pas. Les hommes le remettent dans le rickshaw. Je pense a sa famille qui ne sait certainement pas encore qu'il est mort, et constate une fois de plus a quel point la mort est banale ici. En France, on mettrait du temps a se remettre d'avoir vu ca, mais ici, ca parait presque banal, et c'est ca qui met mal a l'aise. Il n'est pas rare de voir sur la route un groupe de personnes qui suivent un chariot colore sur lequel est allonge une personne decedee. Pour les hindoux, mourir, c'est juste changer d'enveloppe charnelle et renaitre dans un nouveau corps, plus ou moins bien selon qu'on a eu une bonne ou une mauvaise vie. Pour eux, tout ce qui nous arrive est la consequence d'une action passee, bonne ou mauvaise. Et ce a quoi chaque Hindou aspire, c'est de sortir de ce cycle infernal des renaissances, ou en d'autres termes, d'atteindre le nirvana. Pour l'atteindre, c'est tres difficile : on peut vivre une vie d'ascese, ou mourir dans le Gange, le fleuve sacre. C'est pour cette raison que Varanasi (Benares) est la ville sacree des hindoux : ils y vont en pelerinage pour s'y purifier, et les cendres des defunts sont jetes dans le Gange.

              Je me suis un peu ecartee du sujet... mais tout ca pour dire que notre vision occidentale a parfois du mal a accepter l'indifference des indiens devant certaines situations. Tout a l'heure encore, quand j'etais dans la barque avec des indiens, une autre barque s'approche : un pecheur s'est plante un crochet dans le bras ! Il faut l'emmener d'urgence a l'hopital ! Reaction de l'indien : rire gentiment moqueur, car c'est drole de voir la facon dont le crochet s'est plante dans le bras... la situation "dramatique" se transforme en situation comique... Mais bon, encore une fois, les accidents sont plus courants et plus banalises que chez nous, ce qui explique un peu sa reaction pas tres compatissante. Le pecheur monte dans notre barque, on le depose sur la plage, et il va aller regler ca a l'hopital... mais je ne saurai jamais ce qu'il en est finalement de sa blessure. Les indiens, par contre, meme s'ils ne sont pas tres compatissants, sont toujours tres solidaire. L'Inde est de loin un pays ou on a une societe de groupe, contrairement a notre societe occidentale tres individualiste et materialiste. En Inde, peu de place est laissee a l'individu. L'individu n'existe pas en tant que tel, il existe en tant que maillon d'une chaine : il appartient forcement a un groupe (notion de famille tres importante, systeme des castes,...). Ca a ses avantages et inconvenients : la solitude n'existe pas, mais la liberte individuelle est tres limitee. Mais je divague encore, je reparlerai de tout ca plus tard.

 

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commentaires

V
Je te souhaite un joyeux anniversaire...dsl pour le retard!<br /> ton blog est super, bon travail!!<br /> jspr q tt se passe bien pour toi??<br /> bisous bisous..
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I
Toute la famille se joint à moi pour te souhaiter un joyeux anniversaire pour hier!!!<br /> Merci de nous faire partager toutes tes impressions sur ce pays si lointain.Bisous des ch'tis d'Houvin.
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