Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /Mai /2009 07:33

 

 

(jeudi 21 mai)

 

      Au moment où j’écris, un orage vient d’éclater, comme tous les soirs cette semaine… On dirait que le ciel déverse des seaux d’eau, la pluie est impressionnante ! Ce sont les prémisses de la mousson… elle doit arriver début juin et durer deux mois, et a déjà commencé dans le Kérala, paraît-il.

       La pluie, on l’apprécie comme on apprécierait le retour du soleil en France après plusieurs mois pluvieux. En plus, elle apporte une fraîcheur vraiment agréable, on peut désormais dormir sans allumer le ventilateur !

 

 

 

Un saut à Anjanahali  (à 60 km de Bangalore, après Magadi)

 

     

     

    Ici, c’est un centre Don Bosco pour les enfants des rues, mais en pleine nature… Et quelle nature !  Fr Cyriaque, responsable du centre où je donne les cours de guitare, m’a proposé d’y aller. Le lendemain, en route donc, accompagnée de Murugaraj, mon guide du jour !

 

 

  Je retrouve avec surprise et joie deux anciens élèves de guitare : Maruthi et Ramesh. Ils me font visiter leur centre de bas en haut en me tirant par la main, tout heureux. Sur le toit plat, de jeunes garçons, nus, sont recouverts d’une sorte de pâte verte à base d’herbes… remède pour soigner la varicelle. Hummm…

 

  Je retrouve aussi avec surprise Hana et Inès, des volontaires allemandes travaillant depuis septembre à Bosco Mane, un autre centre Don Bosco.

 

 

 



Dans la famille de Saritha

 

 

      Les journées sont pleines d’imprévus, comme toujours en Inde ! Lundi soir, je suis passée chez Saritha (prof d’informatique à Sumanahali), cela faisait longtemps qu’elle me disait de venir. C’était court mais… intense !

     
      Le quartier est purement indien : coloré (on a l’impression de déambuler dans une véritable mosaïque de couleurs vives, entre les vêtements et les habitations), vivant (pas un espace de 1m2 libre dans la rue, du monde partout), bruyant, plein d’odeurs différentes, amical (plein de sourires, de salutations), bref, l’Inde de la rue.

    
      Un petit escalier de 60 cm de largeur nous mène chez elle. Je retrouve sa maman et sa sœur Sunita, que j’avais rencontrées au mariage. Ils vivent ici à 4 : les parents et les 2 sœurs. C’est très sommaire : la pièce principale, à peine 9m2, et à côté une petite chambre, la cuisine (où on rentre difficilement à 3), la salle de bain (juste un petit espace avec un seau). Les 3 seuls meubles de la maison sont : le lit, le meuble sur lequel se trouve la télé, et un genre de fauteuil. Tout est propre. Après m’avoir offert du tchaï et des vegetable cutlets achetés juste en bas de l’escalier, nous partons voir la famille… Des moments irracontables ! Tout le monde est frère et sœur, la famille s’élargit à tous les cousins, oncles, tantes, Saritha me présente au moins 3 personnes comme étant sa mère ! L’accueil est super, les rires fusent, l’ambiance est conviviale et chaleureuse. Je dois malheureusement repartir vite, car resto d’au revoir avec le P. Cornu qui s’envole le lendemain pour Madagascar… Lorsque je réussis finalement à quitter toute cette large famille qu’il est difficile de quitter, ils sont plus d’une cinquantaine à me suivre dans la rue jusqu’à ce que je stoppe un rickshaw. Devant les bras qui s’agitent, je me dis que l’Inde est décidément un pays attachant !

 

 

Par Eve Marie
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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /Mai /2009 07:31

 

Ça part un peu en réflexion philosophique sur la fin… pour ceux qui ne veulent pas trop lire, sauter cet article !

 

(jeudi 21 mai)

 

Résultat des élections : 16 mai 2009

 

J’avais oublié d’en parler dans le dernier article… C’est donc le Congress qui reste au pouvoir, avec le même Premier Ministre, Manmohan Singh (qu’on voit toujours avec son turban bleu sur la tête, signe de son appartenance au sikhisme), la même présidente de l’Inde, Pratibba Patil, et la même présidente du Congress, Sonia Gandhi. Sonia Gandhi (italienne !)  est la belle-fille d’Indira Gandhi (rien à voir avec le Mahatma Gandhi malgré le nom), et la femme de Raji Gandhi, dont on fête l’anniversaire de mort demain. Ce dernier fut assassiné par les LTTE (dont les journaux parlent tous les jours ici, avec les émeutes au Sri Lanka) car il soutenait le gouvernement Sri lankais.

 

Karnataka : BJP en tête. Ce parti nationaliste hindou, qui heureusement pour les musulmans et autres non-hindous – en particulier chrétiens- n’a pas eu la majorité pour le gouvernement central, veut par exemple éliminer les écoles english-medium (où les cours sont dispensés en anglais et non en kannada, langue locale). Le BJP veut « une Inde aux hindous, et aux hindous seulement ».

Tamil Nadu : Congress, pas de changement

Kérala : Congress, et non plus communiste (pareil au Bengale Occidental). Cela ne va pas faire disparaître du jour au lendemain les meetings sur les places et bords de route, décorés de banderoles et drapeaux rouges, mais cette victoire du Congress va fortement contrecarrer les projets communistes de l’Etat (comme modifier à leur guise les manuels scolaires des enfants, entre autres).

 

Quand les gens votent, on leur fait une petite trace noire indélébile sur un ongle pour éviter qu’ils ne se présentent plusieurs fois.

 

Plus ou moins 50 % des indiens ne votent pas, étant à l’étranger ou simplement dans un Etat indien différent de leur Etat natal. Il n’y a pas de système de vote par procuration, ou du moins, beaucoup ne connaissent pas ce système.

 

 

 

Pour le pouvoir, tout est permis !

 

Comme on peut l’imaginer, beaucoup de corruption dans les votes. A la différence de notre état d’esprit français, en Inde la fin justifie les moyens. Pour accéder à un plus haut niveau social, rien de plus normal que de se servir des moyens à disposition… et la corruption n’est pas forcément immorale. C’est ce qu’explique un indien, Pavan K. Varma, dans son célèbre livre Le défi indien :

 

« Le point essentiel est que la tradition hindouiste a toujours permis une réponse raisonnablement conforme à l’impératif moral. Il n’y a pas de définitions incontestées du bien et du mal. La seule préoccupation cohérente est celle du résultat final. En poursuivant un objectif auquel on tient, la moralité n’est pas tant formellement écartée que pragmatiquement dévaluée. […] La conséquence est un relativisme terre-à-terre, une souplesse d’approche, un empressement à tailler dans l’absolu dans l’intérêt d’un objectif plus vaste. D’abord importe le succès, visible en terme de statut, de pouvoir, d’argent. Il fait son affaire des subtilités morales. »

 

Ce livre est une mine d’informations sur la mentalité indienne, il permet d’entrevoir une logique dans cette culture qui me paraît parfois n’en avoir aucune. C’est simplement qu’elle est différente et la comprendre n’est pas si aisé. Ca se fait avec le temps et ça force à ouvrir toujours un peu plus notre esprit.

 

 

(vendredi 22 mai)

 

La fatalité indienne et la recherche de pouvoir

 

Autre réponse trouvée dans ce livre, à une question que je me posais : comment se fait-il que, les étrangers étant hors castes donc intouchables (selon les écrits sacrés hindous prônés par les Brahmanes), les indiens respectent-ils autant les étrangers ? et comment se fait-il qu’ils aient pu accepter si facilement la domination des Britanniques ?

 

Dans le Défi indien, Pavan K. Varna donne une réponse :

 

« Les conquérants étaient plus puissants. Par pragmatisme, l’Indien était disposé à s’entendre avec un pouvoir plus fort. L’aversion personnelle, des ostracismes socialement imposés, les stigmates de la capitulation, toute la sophistication et les raisonnements spécieux d’une civilisation remontant à l’aube des temps ne suffisaient pas à diluer l’essentielle sagesse qui est vaine pour combattre le puissant. Dès lors que la réalité du nouveau pouvoir devenait évidente sans contestation possible, l’acceptation se transformait doucement en collaboration, et la coopération en collusion. »

 

« La poursuite d’une place dans la hiérarchie du pouvoir était un but socialement acceptable que n’entravait pas la notion de droiture. »

 

Les indiens sont donc prêts à tout, sans complexe, lorsqu’il s’agit de pouvoir et d’ascension sociale… là encore tous les moyens sont permis, et ils font même encore appel à leurs innombrables dieux pour les y aider. Rien à voir avec notre façon occidentale de voir les choses, où la collaboration avec l’ennemi est trahison, où l’acceptation est faiblesse. Mais les indiens sont fatalistes. Très loin aussi de la mentalité du peuple tibétain qui jamais n’accepterait de collaborer avec les chinois, même quand leur pouvoir est évident et instauré.

 

 

« [Les Indiens] qui avaient la meilleure connaissance de leurs propres culture et tradition se sont abaissés jusqu’à publiquement récuser leur héritage et acquérir celui des Britanniques, dans la façon de parler, dans l’habillement, dans les manières, dans le style de vie. Bien entendu, toutes les puissances coloniales cherchaient à coloniser l’esprit de leurs sujets. Mais le degré de succès auquel sont parvenus les Britanniques est indubitablement sans précédent dans toute l’histoire de la colonisation. Leur succès n’était pas tellement dû à leur propre habileté, ou à leur indiscutable supériorité militaire, qu’à l’essentielle absence d’opposition de la part de leurs sujets. Les accommodements avec le pouvoir du moment donnaient la promesse d’avantages tangibles dans l’immédiat comme dans le futur […]. Des perspectives aussi séduisantes occultaient de manière convaincante les doutes personnels à propos de la moralité d’un tel partenariat, y compris des tabous sociaux très rigoureux concernant le contact avec les étrangers. La certitude que ce pacte était humiliant – et l’Indien éduqué n’a jamais eu de doute à ce sujet – ne pouvait pas contrebalancer la docilité face à la puissance. »

 

 

Les indiens et le respect

 

Autre aspect qui porte à réflexion quand on vit en Inde : le respect de la hiérarchie. Respect absolu. Mais là encore, plein de paradoxes. Combien de fois ai-je été stupéfaite de voir le respect que me témoignaient certains, à cause de ma couleur de peau ou du fait que je sois prof. Les mains jointes dans un geste d’inclination, l’empressement à se lever, ou à accourir pour nous ouvrir une porte pourtant déjà entrouverte. La dévotion complète avec laquelle ils nous servent met même parfois mal à l’aise, avant qu’on ne comprenne que ce sont des habitudes indiennes normales.

A l’inverse, j’ai aussi ressenti parfois un certain manque de respect à cause de mon statut d’étrangère, en plus d’être une fille. Ou dans des gestes basiques : la personne qui balaie le trottoir ou la rue n’hésite pas à nous balayer également le pied si nous sommes dans son passage, ou à nous envoyer toute la poussière si nous passons dans sa trajectoire. Alors qu’en France, le moindre des respects serait de stopper son geste pour éviter d’envoyer tous les déchets sur une personne. Chaque jour ce sont des dizaines de petits gestes qui ne finissent pas de me surprendre, en bien comme en mal.

 

 

 

 

Par Eve Marie
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 09:50

(lundi 18 mai)

Bon anniversaire Valérie !

 

 

Bientôt le retour

 

       Dans 3 semaines, c’est déjà le retour ! J’ai hâte de retrouver la France, mais pas hâte de quitter l’Inde. Quand on voyage, on rencontre toujours des tas de gens différents, sympas, intéressants et ouverts.


    Lorsque j’étais dans le Kerala, rares étaient les occasions de rencontrer d’autres occidentaux, mais c’était une bonne chose pour mieux découvrir l’Inde en profondeur, dans cette petite ville traditionnelle qu’est Kottayam. Ici à Bangalore, c’est bien différent ! Des gens vivant dans les bidonvilles aux familles richissimes habitant les résidences à la périphérie de Bangalore, il y a plusieurs mondes ! On passe de l’un à l’autre en quelques minutes…


    Bangalore, c’est aussi une ville avec 300 expatriés français (à Bombay : 600). Certains travaillent chez… Décathlon ! Eh oui, ce magasin vient d’ouvrir ses portes au début du mois dernier… sacré pari, car les loisirs et le sport ne sont pas encore dans les habitudes indiennes. Marchera, marchera pas ? Ils espèrent en ouvrir ainsi dans plusieurs autres villes indiennes dans les prochaines années…

    L’aménagement urbain est un domaine dans lequel il doit être passionnant pour un expat de travailler, d’autant plus à Bangalore ! Ces grandes villes indiennes qui sont en pleine expansion, avec des constructions de routes et d’immeubles partout ! Et des projets audacieux aux périphéries… Ceux-ci vont encore étendre ces villes qui ne cessent d’engloutir les anciens villages voisins, dans leur course à la modernisation. Mais on peut déjà voir, dans le quartier où habite Shruti, une amie indienne de Pune travaillant chez Shell ici à Bangalore, de luxueuses résidences avec piscines pousser comme des champignons et attirer du monde. A 30 minutes en bus du centre de Bangalore.

 

    L’Inde est un pays pauvre, l’Inde est un pays riche. On pourrait qualifier l’Inde avec tout et son contraire, c’est un pays d’extrêmes dans tous les domaines.

 

   Autre chose d’intéressant concernant les expats : la culture d’entreprise en Inde. Les codes de comportement, les rapports sociaux, sont bien différents de ceux que l’on connaît en France ! Par exemple dans la façon de licencier un employé, ou dans le rapport à la hiérarchie, pour lequel les indiens ont un respect absolu.

 

 

De nouveaux yeux

 

« Le véritable voyage ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux. »  Marcel Proust

 

      Ou qu’on aille en Inde, on ne peut qu’être surpris et émerveillé par les paysages à couper le souffle qui s’offrent à nous, et par leur diversité ! Je pense à Hampi, aux backwaters du Kerala, aux plages de Goa, aux champs de thé, aux montagnes de l’Himalaya, la liste est longue. Mais je suis sûre qu’en rentrant en France, je serai tout autant émerveillée par un lever de soleil sur la campagne oeussienne, la douce lumière du soir sur les arbres, un coucher de soleil sur la mer, les remparts de Montreuil-sur-mer, les sentiers de randonnées dans le Pas-de-Calais, les charmes de Paris, la liste est longue aussi. C’est comme si le voyage nous offre de nouveaux yeux sans qu’on ne lui ai demandé.

 

     Il offre aussi de nouveaux regards… Je pense à Loïc et Anouck, rencontrés hier, expats à Bangalore. Après un an à Bombay puis 8 mois en France, ils sont de retour pour quelques années ici, avec leurs 3 jeunes enfants, et leur première impression de Bangalore a été : « Les rues sont propres ici ! Et il n’y a pas beaucoup de bidonvilles ! » alors que ma réaction en arrivant était l’inverse. Comme Denis, à Chennai depuis plusieurs mois, qui s’exclame en rentrant de Thailande : « Bangkok, ça rafraîchit, et c’est une ville très propre, pas bruyante, et où les gens ne conduisent pas dans tous les sens.» Je ne connais pas Bangkok, mais j’imagine que des français y atterrissant trouvent la ville plus bruyante, plus chaude et moins entretenue que Paris. Tout dépend donc de où on se situe lorsqu’on veut juger une ville, le regard change avec nos expériences antérieures.

 

     Nouveau regard face à une ville… mais aussi nouveau regard sur notre propre vie : quand chaque jour on croise des gens qui vivent avec deux fois rien, sous une planche en carton ou sur le trottoir, on se dit qu’on a bien de la chance d’être sûr d’avoir à manger chaque jour - et même plusieurs repas par jour -, et d’avoir toujours la quantité d’eau qu’on veut pour se laver et beaucoup d’autres facilités qu’on considère comme des dus. Même si en France tout n’est pas rose pour tout le monde, surtout en ce moment, se retrouver confronté chaque jour à cette précarité dans laquelle vivent des millions d’indiens aide à relativiser nos petits problèmes personnels qui paraissent bien minables à côté.

 

 

« Une personne est comme un beau pays à découvrir. »

Tim Guénard

 

   Le voyage offre aussi de nouveaux yeux et un nouveau regard sur les gens que l’on rencontre, où qu’on soit. Même si les apparences, la physionomie, la façon de s’habiller, de parler, de se comporter sont différentes (et parfois étranges quand nous ne les comprenons pas), nous sommes tous, au fond, des êtres humains avec les mêmes interrogations, joies, déceptions,… Apprendre à passer au dessus de ces apparences pour rencontrer l’autre dans tout ce qu’il a de plus humain, est ce qui rend les échanges riches et beaux.

 

   Quand on part à l’étranger en tant que volontaire, on part parfois avec l’envie de changer le monde et d’améliorer toutes sortes de choses, et on se rend forcément compte, sur place, que ce n’est pas comme ça qu’il faut penser… alors j’essaye de toujours garder cette belle phrase en tête :

 


« Le plus beau cadeau que l’on puise faire à quelqu’un n’est pas de lui transmettre notre richesse mais de découvrir les siennes »

 

         

 


Nos amis les lézards

 

    Je n’ai jamais parlé des insectes, pourtant, voilà bien une des choses que j’ai hâte de retrouver en France : une maison sans insectes. Que ce soit les moustiques, les cafards, les fourmis, les araignées ou d’autres insectes bizarroïdes dont je ne connais pas le nom, ils viennent aussi subitement qu’ils repartent. Sauf une certaine espèce de fourmis que je commence à bien connaître et qui un jour, forment une autoroute du lit à la table, un autre jour, de l’armoire à la porte, puis de la fenêtre au lit, sans raison apparente. Bref, l’Inde ça aura été aussi la découverte des insectes !!

 

   A propos, savez-vous que pendant les quelques secondes qui vont vous être nécessaires pour lire ces 2 lignes :

- 40 humains et 700 millions de fourmis sont en train de naître sur Terre

- 30 humains et 500 millions de fourmis sont en train de mourir sur Terre

 

(Les fourmis, de Bernard Werber)

 

 

 

  Pour revenir aux insectes, heureusement, il y a les lézards, et on les accueille la porte grande ouvertes car ils sont d’excellents insecticides ! (Par contre, quand on les trouve par surprise dans la cuvette des toilettes ou flottant dans le seau d’eau avec laquelle on vient de se laver, c’est moins drôle !! )

 

 





 

Un rickshaw à Lille ! L’avez-vous vu ?

 

 

Je me demandais justement comment on fait pour se déplacer en France, sans rickshaw, lorsque l’on n’a pas de voiture… (le genre de questions qu’on se pose parfois quand ça fait longtemps qu’on a quitté les habitudes françaises, comme… Mais comment je faisais en France pour pouvoir dormir sans ventilateur ? Comment on se débarrasse des fourmis en France ? Qui s’occupe de retirer les chiens morts dans les rues ? etc). J’ai appris par une expat, dimanche, qu’un français lillois a fait venir un rickshaw par bateau… Je ne serai donc pas totalement perdue dans les rues de Lille, si je le vois passer !... Et puis, apparemment c’est la nouvelle mode à Lille, même s’ils n’ont pas le même design (ici, voir une telle pub en dessin sur un rickshaw tiendrait du mirage).

 

    

        Après ce projet d’apporter un rickshaw en France, par bateau (site en lien), ces deux rickshaw addict sont maintenant en route pour Dehli. Ils sont partis de France… à vélo ! Leur projet : un kilometre parcouru, un arbre plante. Et en roulant bien, ils arriveront dans la capitale indienne d’ici 4 mois. Si vous voulez suivre leurs aventures, leur site est en lien (www.onetwotree.fr). Et si vous vous mariez bientôt, vous pouvez louer leur rickshaw !

 

 

 

 

Par Eve Marie
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 11:12

(vendredi 15 mai)

3ème passage à Don Bosco Anbu Ilam à Chennai

 

petit rappel : les centres Don Bosco, partout en Inde et dans le monde, accueillent des enfants trouvés à la gare, sur des marchés ou dans la rue, sans famille ou avec famille qui ne peut s’occuper d’eux ou les maltraite.

 

    Les enfants sont en summer camp, dans une léproserie non loin de là, qui les accueille pour 2 semaines (d’ailleurs, premier contact pour moi avec des personnes atteintes de la lèpre, qui n’ont rien de différent des personnes handicappées, je me demande pourquoi on les parque toujours dans des endroits isolés, puisque leur maladie n’est pas contagieuse).

Un bon bol d’air, mais pas frais, pour eux… un peu plus dans la nature que leur centre à Chennai.

 

    Sortie à la piscine, après une bonne marche sur le sol brûlant (où je me sens un peu gênée d’avoir des tongues… ils m’épatent à marcher toujours pied nus sans se plaindre, pour la plupart. L’habitude a transformé leurs pieds en chaussures.)

    Du vrai bonheur de voir les enfants s’agiter dans l’eau, sauter, plonger, criant, s’amusant comme des petits fous ! En sortant de l’eau, nos vêtements sèchent rapidement sous le soleil torride (comme toujours en Inde, pas question pour nous de sortir les maillots de bain, mais on s’y fait).

 


                                                                        les enfants nagent dans le bonheur ! et nous aussi
   

    Le lendemain, grand jeu de piste organisé par Aurore qui nous embauche pour l’animation… je me transforme en fée et sous l’œil attentif et curieux des enfants, parvient à lire une phrase magique dans une feuille de manguier, mélangée à un œuf cru, une fourmi et aux autres feuilles ramassées par les aventuriers. Grâce à Aurore et toute son énergie, et aux autres volontaires, Denis, François, Nienke, Irma, les enfants ont encore passé de bons moments !

 


Visas… Bangkok


     Puis Aurore s’envole pour la Thailande pour y faire renouveler son visa… comme beaucoup de volontaire en Inde, puisqu’il faut sortir de l’Inde au bout de 6 mois si on veut y rester plus longtemps (pour moi, pas de Thailande car passage en France à Noel, mais j’en aurai entendu parler, de Bangkok et des Karens dans les montagnes du nord, depuis que je suis ici !).

 

 

 

Jeux donnés

 

        Quelques nouvelles des jeux donnés par les élèves français… je n’ai pas eu besoin de m’en occuper ici, car Aurore en a pris l’initiative il y a quelques mois et depuis, ils ont bien servi et continueront de bien servir ! Ainsi que dans les autres centres Don Bosco de Chennai.


      J’avais gardé quelques puzzles et autres jeux de côté pour un orphelinat de filles à Bangalore, non loin de là où j’habite… encore une fois, ils ont fait –et font encore- des heureuses ! Et encore une fois, merci aux donneurs !

 




Expats à Chennai

 

   Ce weekend à Chennai, c’était aussi des moments sympas avec d’autres expats que je ne connaissais pas pour la plupart.

 

 > Ici, à Amethyst, on se croirait presqu’en France, c’est calme, beau, soigné et propre ! On apprécie.

 

 

 









Un mot sur les rickshaw !

 

    Apparemment, je n’ai jamais beaucoup parlé des rickshaw, alors que si on me parle d’Inde quand je serai rentrée en France, c’est probablement l’une des 1ères images qui me viendra à l’esprit ! L’Inde sans rickshaw, ce serait comme la France sans voiture ! Pour se déplacer, qu’on soit dans une grande ville ou dans un village, il suffit de chercher des yeux ces 3 roues à moteur couverts d’une cabine jaune et noire, lever la main, marchander le prix quand il n’y a pas de compteur, et c’est parti pour une course entre les autres rickshaw, motos, vaches et charrettes, piétons qui sortent de tous côtés, tout ça sous les klaxons tonitruants et de toutes sortes d’autres bruits.

 

    Les rickshaw sont partout les mêmes, jaune et noir, le design changeant légèrement dans certains Etats, comme au Rajasthan par exemple. Normalement, 3 passagers, c’est parfait, mais tant qu’il y a de la place, ça rentre toujours ! On se retrouve ainsi parfois à 8 à l’intérieur, en faisant attention à ne pas laisser dépasser le bras, de peur qu’il soit fauché par les autres véhicules nous frôlant au passage !

    Sur les motos, pareil, souvent 3 ou 4 personnes, et parfois on voit le père, la mère et les enfants sur une même moto.

 

 

     Les richkshaws bleus sont les rickshaw privés. François, un expat, ainsi que Jean, maintenant au Point Cœur de Chengalpethu (Nenmeli), en ont acheté un… ça se faufile partout et c’est bien pratique !

 

 








Au revoir à mes floormates

 

   Mes voisines d’étages sont presque toutes parties, ça fait un vide. Nous avions passé quelques bons moments, même si la différence de culture s’est là encore beaucoup fait sentir ! A partir du moment où elles ont réalisé que je n’étais pas une extraterrestre malgré ma couleur de peau, la glace s’est brisée et les échanges ont pu commencer… En voici un extrait :






Christie :

-         Ah, mais tu dors toute seule dans ta chambre ! Tu n’as pas peur ?!

-         Peur de quoi ?

-         Moi, j’aurais peur. Chez moi, j’ai toujours dormi avec ma grand-mère.

 

Selmina :

-         Avant de rentrer dans ton pays, viens passer quelques jours chez moi !

-         Je voudrais bien, mais tu habites où ? Loin ?

-         Pas très loin. A 3 jours de train.

 


     Ou d’autres choses comme regarder un film en tamoul… je me sentais souvent complètement à côté de la plaque, les voyant exploser de rire pour des choses que je ne trouvais pas particulièrement drôles, esquisser des pas de danse indiens assez drôles de mon point de vue, se mettre à roter tout naturellement en plein milieu du film et plusieurs fois sans que ça ne choque personne. Bref, on a beau rester plusieurs mois dans un pays, l’adaptation est facile, mais l’intégration à la culture prend plus de temps ! La véritable intégration à la culture indienne doit certainement prendre plusieurs années ! La culture chinoise m’avait paru beaucoup plus facile à intégrer, peut-être car plus proche de notre culture occidentale. Peut-être aussi car la langue, grand facteur d’intégration, m’avait semblée plus facile à apprendre. Alors que j’ai vite laissé tomber le malayalam et le kannada.

 

 

  Elections

Demain, resultats des elections ! 

 

Par Eve Marie
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 07:14

(jeudi 7 mai)

 

Mariage hindou

 

                  Rien à voir avec les mariages chrétiens que l’on connaît en France. Pour poser le décor : une grande salle est louée, les chaises sont disposées comme à un spectacle, les mariés sont apparemment attendus sur la scène (décorée de mille couleur et guirlandes de fleurs) mais n’y apparaissent que rarement, l’essentiel se passant derrière un rideau et seuls les proches peuvent voir ce qu’il s’y passe. Peu, voir pas, d’émotion particulière. Ni des mariés, ni des parents. Surprenant ! Il faut dire qu’il s’agit comme très souvent d’un mariage arrangé, et qu’à partir de cette cérémonie la fille quitte sa famille pour celle du mari qu’elle connaît à peine. Les époux se sont rencontrés il y a 3 mois.

 

          Au tout début, les tambours et genre de clarinettes s’en donnent à cœur joie. Il est 19 heures, nous sommes dans la rue, il fait noir. La famille et des amies de la fille, Hema, attendent devant la salle, parées de leurs plus beaux atours : saris colorés, dorés, et nombres de bijoux. Quatre colliers en or autour du cou, une multitude de bracelets (bangles) autour des poignets et des chevilles, des boucles d’oreilles dorés aux oreilles, dans les cheveux, parfois au nez, reliée à l’oreille par une chaîne en or.

         Je suis avec Saritha et la famille de Manesh, à quelques centaines de mètres. Je finis par comprendre que Manesh n’est pas son frère, mais son cousin ! Car elle me présente tout le monde comme étant sa sœur, son frère, puis ses parents à qui je dis : vous avez beaucoup d’enfants ! Ils me disent oui mais n’ont en fait pas compris, car peu après, Saritha me présente le père de son frère, comme étant le frère de son père. A n’y rien comprendre ! Elle me dira par la suite qu’elle n’a en réalité qu’une sœur, et pas de frère. Elle voulait en fait peut-être éviter de le dire, car une famille sans garçon n’est pas une fierté en Inde : avoir une fille est moins intéressant qu’un garçon, et moins louable. Heureusement encore, les mentalités changent peu à peu.

        A un roulement de tambour, c’est le début : avec la famille de Manesh, nous nous avançons pour rejoindre Hema et sa troupe, puis Hema et Manesh s’assoient sur le bord de la route, sous une toile. Et là commence une multitude de coutumes particulières avec des symboles particuliers : l’homme porte la main sur chaque joue puis sur le front de la femme, et vice versa, et beaucoup d’autres gestes aussi étranges qu’incompréhensibles pour moi. J’ai beau demander des explications à Saritha, je n’apprends pas grand-chose, car elle ne parle que très peu l’anglais et les autres invités encore moins. Les musiciens tambourinent encore aussi fort qu’ils le peuvent, et ce jusque la fin de la soirée ou presque.

        Avant de rentrer dans la salle, sur le pas de la porte, il se repasse toute une sorte de protocole pendant lequel je me demande bien à quoi servent toutes ces étranges rites. Jeter un jus rouge sur la mariée, fracasser une noix de coco par terre et la laisser là, tout ça sous les coups de tambours et les hurlements des gens. A l’intérieur, après un long moment sans voir les mariés qui sont partis se refaire une beauté car tout sales avec ce qu’il vient de se passer, ils viennent s’asseoir en tailleur sur le devant de la scène, entourés de leurs proches. Et chacun à leur tour, ils se lèvent et se tracent un point rouge ou jaune et des traits blancs sur le visage. Comme chez les indiens d’Amérique mais sur le front. Saritha m’emmène derrière le rideau pour voir me présenter à d’autres personnes. Les époux sont entourés de grains de riz et d’autres aliments jetés par terre, et sont en train d’essayer d’attraper le plus rapidement possible et à une seule main une bague dans un sac de riz. Ce duo, comme nombre des éléments présents ont chacun une signification particulière. Tout le protocole hindou est suivi à la lettre afin de s’attirer les bénédictions des dieux sur le futur foyer. Un gourou, drapé d’un sari blanc, dirige le tout.

        En bref, un mariage hindou n’est pas une partie de plaisir mais un protocole que tout indien se doit de suivre comme le veut la coutume. Dans les villages ce doit être beaucoup plus chaleureux et convivial. Puis la suite de la soirée et le lendemain matin se passent en photographie des mariés avec une longue file indienne qui attend tranquillement son tour. Le samedi soir, les gens s’étalent sur des matelas ou dans les quelques chambres. A voir tous ces gens en lungi allongés par terre, on se croirait à la gare au petit matin !

 

       Ce que nous avons apprécié, tout de même, ce sont les repas. Sous la salle, des tables sont alignées et nous nous asseyons côte à côte devant une feuille de banane. Les serveurs vêtus d’un dhoti orange éclatant défilent pour nous servir de bons petits mets, que nous dégustons de la main droite. Entre-temps, on se fait laver le pied par une serpillière avec laquelle une dame est en train de nettoyer le sol, accroupie sous la table. Puis c’est un verre d’eau qui s’envole à cause de la force du ventilateur. Puis les serveurs nous offrent à chacun une noix de coco emballée dans un sachet plastique.

 

 

 

 

Le système des castes

 

        Pour arriver sur le lieu du mariage, à la périphérie de Mysore, je prends le rickshaw avec       , qui se rend dans le même coin. En regardant l’invitation, elle me dit : « ce sont des brahmanes »

- Comment le savez-vous ?

- A cause de leur nom : quand il y a maruthi ou… dans le nom, c’est une famille brahmane.

Curieuse de savoir ce qu’elle répondra à cette question, je lui demande :

- Qu’est-ce que c’est, un brahmane ?

- Un pure –veg !  (pur végétarien)

- Et si on n’est pas brahmane, qu’est-ce qu’on est alors ?

- Non-veg. 

 

Je me souviendrai longtemps de sa réponse et en souris encore ! Réduire une caste à son régime alimentaire…

Quand je lui ai dit que certains chrétiens ou étrangers (les chrétiens et étrangers, comme tous les non hindous, sont considérés comme intouchables, car hors caste) étaient aussi végétariens, elle a pris un air admiratif, comme si ces chrétiens et étrangers là valaient finalement mieux que des intouchables !

 

Un petit mot pour être au clair sur les castes :

 

   Il en existe 4 principales, d’où découlent des milliers de sous-castes :

  1. les Brahmanes, prêtres et enseignants, sont considérés comme les plus purs. Ils ont une grande connaissance des textes sacrés de l’hindouisme, les Vedas et les Upanishad. Ils font des métiers purs et travaillent surtout avec l’esprit.
  2. les Kshatriyas : un peu moins pur que les brahmanes. Guerriers.
  3. les Vaishyas : commerçants et agriculteurs.
  4. les Schudras : serviteurs.

 

     Et enfin, tous ceux qui n’ont même pas un sang assez pur pour faire partie d’une caste : les intouchables (les dalits). Ils se chargent souvent de balayer les rues ou des tâches les plus ingrates comme nettoyer des latrines.

     Caste, métier, nom, tout est lié. Par exemple, dans une famille de tanneurs, les fils deviendront tanneurs à leur tour ainsi que les petits-fils. Etre tailleur est considéré comme un peu plus pur que tanneur. Un tanneur n’a pas à devenir tailleur, ce serait une entrave aux traditions.

 

      Avant - et encore dans certaines endroits de nos jours, paraît-il - un brahmane n’aurait osé toucher un intouchable ou quelqu’un issu d’une caste moins pure que la sienne, par peur d’être contaminé par son impureté. Pour rendre la monnaie, ils évitaient de se toucher, l’intouchable par peur d’offenser le brahmane et le brahmane par peur de perdre de sa pureté. Même les ombres des intouchables ne devaient en aucun cas atteindre un brahmane, sous peine de se faire battre. Les discriminations furent aussi nombreuses et effrayantes que celles de l’Apartheid.

 

       En 1947, date de l’indépendance, les castes ont été officiellement supprimées par Nehru, Premier ministre, en gage de fidélité au combat de Gandhi en faveur des parias (dalits, intouchables). Mais ce système si ancré dans la culture indienne est loin d’avoir disparu totalement. Même si on ne parle plus de « castes », elles existent toujours. On ne se marrie pas avec quelqu’un d’une autre caste (sauf quelques marginaux ou indiens ayant vécu à l’étranger – de plus en plus), c’est d’ailleurs souvent le critère principal pour le choix des époux.

 

        Lorsque j’ai demandé à Saritha pourquoi elle était si butée à ne pas se marier avec quelqu’un d’une autre caste, elle m’a répondu :

- Si il se passe quelquechose et qu’il n’est plus là, ou qu’on divorce, mes parents m’aimeront toujours.

       Evidemment, lorsque quelqu’un ose ne pas respecter les coutumes, il est souvent exclu de sa propre famille, honteuse et apeurée des conséquences néfastes d’un tel enfreint à la culture.

       Les hindous croient au samsara, le cycle des renaissances : plus on agit bien dans une vie, plus on a de chances de renaître dans une meilleure caste. A l’inverse, si on a un mauvais dharma, on renaîtra dans une caste plus basse. Un monde de causes et de conséquences. Si un brahmane mange par erreur un morceau de bœuf, c’est le drame, il doit tout de suite aller se faire purifier par un gourou. La vache est un animal sacré ici. Les intouchables s’en moquent, ils mangent de tout, au grand mépris des hautes castes.

 

       Le gouvernement, pour améliorer le sort des intouchables, leur réserve un certain quota de sièges au Parlement, de postes à l’université, de postes de fonctionnaires. C’est aussi un moyen pour les politiciens de gagner les voix des personnes concernées, en leur promettant un plus grand quota.

 

       La culture indienne est tellement ancienne, tellement ancrée dans le cœur des indiens et dans leur façon de vivre. Au point qu’ils ne s’en rendent souvent pas compte… mais en effet, comment se rendre compte de notre propre culture quand on ne connaît que la sienne ? Il me semble qu’il faudrait des années, des vies même, pour comprendre la leur !

 

 

Srirangapatnam

      

       Sur les bons conseils de Benoît et Maelle (expats lillois à Bangalore depuis un an et pour, espèrent-ils, encore quelques années) qui sont passés à Srirangapatnam le matin même, nous nous y arrêtons sur la route du retour vers Bangalore.

      

      


     Un Hampi en miniature, l’arrêt vaut vraiment le coup ! Le temps de voir le fort, de tremper les pieds dans la rivière Cauvery, et nous attrapons un bus pour Bangalore.

 

      
       Le trajet Mysore-Bangalore est censé durer 3 heures, mais c’est plutôt 1 ou 2 heures de plus ! Les paysages sont beaux, rizières d’un vert éclatant, champs de canne à sucre, énormes rochers. Après la tombée de la nuit, à 18 heures, c’est l’orage que j’ai tout le loisir d’admirer : à intervals réguliers, le ciel devient littéralement jaune à l’horizon, sans éclair, comme si on essayait d’allumer une lumière qui s’éteignait aussitôt. En même temps, une dispute a éclaté dans le bus, entre le conducteur, la contrôleuse de billet et un passager. Au moins, comme le conducteur est de la partie, ils n’en viennent pas aux mains. Mais les voir aboyer les uns sur les autres tels des chiens est à la limite du comique ! Mieux vaut rire de toutes ces violences verbales, qui réduisent l’homme à un animal enragé. Puis la dispute s’arrête aussi subitement qu’elle a commencé. Tandis que l’orage continue et que le bus achève sa course à la gare routière.

 

 

 

Au revoir Vinuth et Saiath Basha !

 

     Nos jeunes guitaristes nous quittent un peu à la fois !

     Il y a deux semaines, c’est Maruthi qui est parti habiter dans un autre Home, et maintenant, Vinuth et Basha partent à leur tour ! A une nuit de train de Bangalore.

Chez Don Bosco, c’est souvent comme ça, ça vient, ça part, le temps de s’attacher aux enfants et ils s’en vont. Difficile pour eux comme pour ceux qui s’occupent d’eux de savoir ce qui est le mieux pour leur avenir. Surtout que ces garçons n’ont pas de stabilité car personne ne leur a jamais vraiment appris à en avoir. Peut-être reviendront-ils, ou peut-être trouveront-ils leur bonheur là-bas, inch’Allah ! Une chose est sûre, la violence dont des enfants sont capables est proportionnelle à l’affection et la gentillesse qu’ils portent en eux. C’est bien connu, toute violence résulte d’un manque d’amour. A Don Bosco, en étant là que pour quelques mois, nous ne connaissons que leur côté affectueux (même si les guitares qui se cognent et les cordes qui sautent sont choses courantes !).


                  

 

 

     Je reviens de l’inauguration d’un nouveau centre Don Bosco à Gandi Nagar, beaucoup mieux situé et qui pourra accueillir tous les bureaux. Les enfants sont aussi doués en danses, parés de costumes somptueux, cela m’a beaucoup rappelé les fêtes à l’école de Pampady au Kérala !

 

 

      Prochaines nouvelles dans quelques jours. Je prends le train de nuit ce soir pour passer 3 jours à Chennai, au centre Don Bosco, où je rejoins Aurore et Denis, et où je vais retrouver les enfants. La plupart sont en camp d’été en ce moment, car ce sont les vacances scolaires.

 

Par Eve Marie
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